Trust
Vu
26 septembre 2025 – À domicile
Année
2025
Réalisation
Carlson Young
Durée
86′
Casting
S.Turner, B.Campbell, P.Mensah, K.Sagal
Le chaos d’une intrigue malmenée
À première vue, Trust semblait avoir tous les ingrédients pour captiver: Sophie Turner, star de Game of Thrones, à la tête d’un thriller psychologique où la célébrité et la vie privée s’entrechoquent. Le film débute sur un postulat intrigant: Lauren Lane, ancienne enfant star et icône télévisuelle, voit sa vie privée violée par un hacker, qui diffuse photos intimes et révélations personnelles, dont une grossesse non annoncée. La perspective d’un huis clos dans un manoir isolé, loin des projecteurs, aurait pu offrir un récit tendu et captivant sur la survie, la vulnérabilité et la pression de la célébrité féminine.
Hélas, l’ambition s’effondre dès les premières scènes. Le scénario, écrit par Gigi Levangie, multiplie les directions narratives sans jamais se fixer. Thriller, huis clos, comédie ratée, récit animalier: Trust ressemble davantage à un brainstorming filmique qu’à un récit structuré. Les tentatives d’exploration des enjeux liés à la célébrité, à l’exploitation des jeunes stars et aux violences subies par les femmes se perdent dans un maelström de péripéties incohérentes. L’histoire du père de l’enfant de Lauren, qui aurait abusé d’elle durant le tournage de la sitcom, est à peine esquissée, et sa résolution manque cruellement de clarté et de densité.

Le principal problème du film réside dans la gestion des personnages. Sophie Turner fait ce qu’elle peut pour insuffler de la vie à Lauren, mais le script la réduit à une victime passivement ballottée par des événements absurdes. Les choix de son personnage sont souvent illogiques et frustrants: se cacher dans des endroits dangereux, réagir de façon irrationnelle face aux menaces ou passer de longues minutes à parler à son ventre plutôt qu’à agir. Le reste du casting, de l’obsessionnée des chiens à la bande de cambrioleurs caricaturaux, oscille entre l’ineptie et le stéréotype, rendant chaque scène secondaire insipide et parfois involontairement comique.
Sur le plan technique, Trust sauve peu de miettes. Certaines scènes sont correctes visuellement, avec des palettes de couleurs et des moments sanglants qui auraient pu amplifier la tension. Mais ces éléments isolés ne suffisent pas à compenser une écriture paresseuse, un rythme erratique et une incapacité flagrante à développer une intrigue cohérente. Le film semble constamment hésiter entre suspense, gag et bavardage inutile, détruisant toute immersion.

En fin de compte, Trust est une promesse non tenue. L’idée de départ, qui pourrait offrir un thriller psychologique intense et pertinent sur les dangers de la célébrité et l’intrusion dans la vie privée, se transforme en un mélange confus de sous-intrigues bâclées et de personnages inconsistants. Sophie Turner est indéniablement la meilleure chose du film, mais son talent est étouffé par une réalisation et un scénario qui ne lui font aucune justice. Même la maison isolée, qui aurait pu être un personnage à part entière, n’est qu’un décor d’incohérences.
Trust illustre malheureusement ce qui arrive quand un film dispose d’un concept fascinant mais refuse de se discipliner: une expérience frustrante, qui aurait pu intriguer et captiver, mais qui, au final, ne parvient ni à émouvoir ni à exciter. On en ressort plus lassé que captivé, avec l’impression d’avoir perdu 86 minutes sur un projet qui aurait mérité d’être bien plus réfléchi.

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