Freakier Friday
Vu
21 septembre 2025 – À domicile
Année
2025
Réalisation
Nisha Ganatra
Durée
111′
Casting
L.Lohan, J.Lee Curtis, J.Butters, C.M.Murray, M.Jacinto
Quatre corps s’échangent et tout s’embrouille
Certains films du passé laissent une empreinte si forte qu’on ose croire qu’une suite pourrait rallumer la flamme. Freakier Friday tente justement cet exploit: replonger dans la magie de l’échange de corps avec un regard contemporain. Mais au lieu de réveiller les bons souvenirs, le film s’embourbe dans une mécanique poussive, étirée et mal calibrée, transformant l’attente en véritable désillusion.
Le concept initial, déjà fantaisiste mais efficace, aurait mérité d’être resserré. Ici, l’idée d’impliquer non pas deux mais quatre personnages multiplie artificiellement les situations sans jamais approfondir les enjeux. Le résultat est confus: entre les allers-retours incessants et les rebondissements surjoués, l’histoire s’éparpille et finit par perdre toute cohérence. L’émotion, pourtant au cœur du récit original, disparaît derrière une succession de gimmicks fatigants.

Les personnages, eux, ne parviennent jamais à exister pleinement. Plutôt que d’apporter un souffle nouveau, le scénario se contente d’empiler des clins d’œil appuyés au film de 2003, comme s’il suffisait de recycler le passé pour séduire. Mais cette nostalgie forcée sonne creux. On assiste à une parade de références plutôt qu’à une véritable narration, et les rares tentatives d’humour tombent à plat. Les gags liés aux corps inversés, aux différences d’âge ou aux décalages culturels manquent cruellement de finesse et se révèlent plus embarrassants qu’amusants.
Côté interprétation, le film ne trouve pas davantage son équilibre. Jamie Lee Curtis, réduite à des grimaces d’adolescente, se débat avec un rôle qui frôle parfois le ridicule. Lindsay Lohan, attendue comme le grand retour du duo, peine à redonner de l’énergie à un personnage écrit sans relief. Quant aux jeunes actrices Julia Butters et Sophia Hammons, elles ne disposent tout simplement pas de matière suffisante pour briller, malgré leur bonne volonté.

L’humour, pierre angulaire d’une telle comédie, aurait pu sauver l’ensemble. Malheureusement, il se fait rare, poussif ou mal dosé. Les situations supposées drôles provoquent surtout un silence gêné, et les rares élans émotionnels arrivent trop tard, sans la construction nécessaire pour toucher véritablement. Le film tente un final plus tendre et introspectif, mais à ce stade, le spectateur n’y croit plus.
Plus qu’un simple faux pas, Freakier Friday incarne le syndrome du « sequel nostalgique » qui prolifère aujourd’hui: une œuvre qui existe davantage pour capitaliser sur la renommée de son aîné que pour offrir une véritable proposition artistique. Tout, du scénario à la mise en scène, semble dicté par l’opportunisme plutôt que par l’envie sincère de raconter une histoire nouvelle.

Si vous avez aimé : Switched (2018), Jumanji: Welcome to the Jungle (2017), Your Name. (2016), 17 Again (2009), Big (1988), Vice Versa (1988), Freaky Friday (1976)

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