The Girlfriend

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Manipulation et séduction à haut risque

Il est des histoires qui s’annoncent d’emblée comme de simples divertissements, mais qui révèlent, sous leurs dehors soyeux, une noirceur et une efficacité redoutables. The Girlfriend, mini-série en six épisodes adaptée du roman de Michelle Frances, appartient à cette catégorie: un thriller psychologique à la fois cruel, glamour et addictif, qui assume son caractère de plaisir coupable tout en se hissant au-dessus de la moyenne du genre.

Au cœur du récit, un triangle explosif: Daniel (Laurie Davidson), jeune étudiant en médecine, sa mère Laura (Robin Wright) et Cherry (Olivia Cooke), la nouvelle petite amie qui vient bouleverser l’équilibre précaire de cette famille aisée londonienne. Tout oppose les deux femmes: la mère, galeriste reconnue, jalousement attachée à son fils après la perte tragique de sa fille ; et la compagne, issue d’un milieu modeste, déterminée à s’élever dans un univers qui n’est pas le sien. Très vite, chacune perçoit l’autre comme une menace, et le spectateur est entraîné dans un duel à couteaux tirés où l’amour, la jalousie et la manipulation se confondent.

La grande force de la série réside dans sa structure narrative. Chaque épisode se dédouble et reprend les mêmes événements selon le point de vue de Laura ou de Cherry. Ce dispositif, bien que légèrement répétitif, évite le simple affrontement manichéen et permet de découvrir les omissions, les préjugés et les mensonges qui nourrissent leur antagonisme. Tantôt victime, tantôt prédatrice, chaque femme apparaît tour à tour dans un rôle différent, si bien que le spectateur se retrouve constamment à réviser ses jugements. Cette mécanique subtile installe une tension continue, accentuée par des révélations qui, à mi-parcours, font basculer le récit dans une spirale plus sombre et inattendue.

Visuellement, The Girlfriend soigne son apparence. Villas victoriennes londoniennes, séjours méditerranéens ensoleillés, intérieurs luxueux et garde-robes impeccables composent un écrin séduisant, qui contraste avec la toxicité des relations. On pense parfois à Big Little Lies ou The Undoing, autres sagas de riches en proie à leurs démons. Ici, la mise en scène alterne entre élégance glacée et excès assumé, renforcée par une bande-son qui ponctue chaque rebondissement de choix musicaux ironiques ou percutants.

Mais si la série captive, c’est surtout grâce à ses deux actrices principales. Robin Wright, également réalisatrice des premiers épisodes, incarne une mère possessive avec une intensité troublante, mélange d’élégance blessée et de folie rampante. Olivia Cooke, elle, déploie une palette fascinante, entre charme de voisine idéale, ambition féroce et éclairs de danger. Face à elles, Laurie Davidson campe un Daniel attachant mais volontairement effacé, réduit au rôle d’enjeu plus que de protagoniste. Autour de ce trio, les seconds rôles – notamment Waleed Zuaiter en mari bienveillant – apportent une solidité bienvenue.

Certes, tout n’est pas parfait. Quelques retournements flirtent avec l’invraisemblance, et l’on devine parfois à l’avance la trajectoire des personnages. Mais cette surenchère est assumée et fait partie du plaisir: celui de se laisser happer par un spectacle qui ne prétend pas à la vraisemblance mais qui exploite avec brio les codes du soap de luxe et du thriller psychologique.

Au final, The Girlfriend s’impose comme un divertissement acéré, porté par deux performances magistrales et une tension constante. Une série qui, sans réinventer le genre, en offre une version délicieusement vénéneuse, à savourer comme un cocktail sucré et amer. Un vrai plaisir coupable, élégant et cruel.

Scénario
3.5/5

Acting
4/5

Image
4/5

Son
3.5/5

Note globale
75%

The Girlfriend est un thriller psychologique captivant qui explore les tensions d’un triangle familial londonien. La série alterne les points de vue des deux femmes rivales, révélant mensonges, jalousie et manipulation avec une intensité constante. Luxueuse et visuellement soignée, elle repose sur les performances puissantes de Robin Wright et Olivia Cooke. Entre glamour et noirceur, elle séduit comme un plaisir coupable mais brillant.

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