The Naked Gun
Vu
7 septembre 2025 – À domicile
Année
2025
Réalisation
Akiva Schaffer
Production
Paramount Pictures
Casting
L.Neeson, P.Anderson, P.W.Hauser, D.Huston, CCH Pounder
Quand la comédie culte trébuche sur ses propres gags
Reprendre une franchise culte relève toujours du pari risqué. Avec The Naked Gun, Akiva Schaffer et son équipe s’attaquent à l’héritage d’un monument de la comédie absurde, porté jadis par l’inoubliable Leslie Nielsen. Mais au lieu de redonner vie à un humour intemporel, ce nouveau volet illustre surtout la difficulté de faire rire à l’ère des parodies instantanées, quand TikTok et les mèmes ont remplacé les gags de cinéma.
Le film nous présente Frank Drebin Jr. (Liam Neeson), fils illégitime du légendaire policier gaffeur. Dès la scène d’ouverture — un braquage qui singe The Dark Knight —, le ton est donné: pastiche frénétique, avalanche de références, intrigue prétexte. Drebin enquête sur la mort suspecte de Simon Davenport, frère de Beth (Pamela Anderson), qui le mène jusqu’au magnat de la technologie Richard Cane (Danny Huston). Une trame qui n’est guère plus qu’un fil rouge reliant une succession de numéros comiques.

Et c’est bien là que le bât blesse: la version 2025 de The Naked Gun privilégie la cadence à la qualité. Les gags s’enchaînent sans répit, parfois drôles, souvent laborieux, et finissent par épuiser plus que divertir. Certains moments sauvent l’ensemble — une séquence infrarouge détournée ou un montage romantique délirant avec un bonhomme de neige — mais l’impression dominante reste celle d’un best-of décousu, où l’on jette tout à l’écran en espérant que quelque chose fonctionne.
Le casting, pourtant prometteur, ne parvient pas à tirer son épingle du jeu. Liam Neeson, dont la gravité faisait espérer un contre-emploi savoureux, paraît engoncé dans des dialogues mal calibrés. Son engagement est indéniable, mais l’effet comique tourne vite au malaise. Pamela Anderson, pleine de bonne volonté, se contente de réactions convenues, faute d’un rôle écrit avec un minimum d’épaisseur. Quant aux seconds rôles, ils oscillent entre le sous-exploité (Paul Walter Hauser, CCH Pounder) et le mal choisi: Danny Huston, impeccable en antagoniste dramatique, se révèle incapable d’animer la moindre réplique comique.

Visuellement, le film respecte certains codes de la saga: gags visuels hérités des ZAZ, dialogues absurdes, et même un clin d’œil aux célèbres faux arrêts sur image de Police Squad!. Mais ce respect vire à la mise en vitrine. Le problème n’est pas seulement l’hommage, mais l’incapacité à réinventer. Là où l’original brocardait les codes du polar et de la télévision de son époque, cette mouture 2025 recycle des ressorts vieillis et évite soigneusement d’égratigner la culture contemporaine. Le film, au fond, paraît déjà daté.
Le plus frustrant est peut-être que l’on rit par éclairs. Quelques dialogues absurdes, des trouvailles visuelles, des détails glissés en arrière-plan arrachent des sourires. Mais à force de multiplier les chutes, la mise en scène étouffe ses rares réussites. Le spectateur finit par attendre la fin plutôt que le prochain éclat de rire.
En définitive, The Naked Gun version 2025 est moins un navet qu’un rendez-vous manqué. Ni honteux, ni mémorable, simplement anodin. Une comédie qui se rêve héritière mais qui reste prisonnière de ses modèles, incapable de trouver sa voix propre. On sort de la projection avec le sentiment que certaines sagas, aussi aimées soient-elles, devraient rester dans les rayons de la mémoire collective plutôt que dans les plans de relance d’Hollywood.

Si vous avez aimé : Spy (2015), Brooklyn Nine-Nine (2013), Johnny English (2003), Austin Powers (1997), Hot Shots! (1991), Top Secret! (1984), Police Squad! (1982), Airplane! (1980), Get Smart (1965)

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