The Map That Leads to You
Vu
24 août 2025 – À domicile
Année
2025
Réalisation
Lasse Hallström
Production
Amazon MGM Studios
Casting
M.Cline, KJ.Apa, S.Wylie, M.Thompson, J.Lucas, O.Norman
Un cinéma qui flirte avec la brochure touristique
Il est des films qui se regardent comme une carte postale estivale: séduisants par leurs paysages, charmants par leurs visages, mais dont les mots s’effacent presque aussitôt lus. The Map That Leads to You, adaptation du roman de J.P. Monninger, appartient à cette catégorie. Porté par Madelyn Cline et KJ Apa, le long-métrage de Lasse Hallström se veut à la fois carnet de voyage, romance contrariée et méditation sur la vie au présent. S’il réussit parfois à enchanter, il se perd trop souvent dans les clichés du genre, sans jamais atteindre la profondeur qu’il ambitionne.
L’histoire s’ouvre sur Heather, jeune Américaine méthodique, fraîchement diplômée et prête à entamer une carrière bancaire à New York. Avec ses amies, elle sillonne l’Europe, jusqu’à croiser Jack, backpacker néo-zélandais adepte de l’imprévu et guidé par le journal de son grand-père soldat. Leur rencontre dans un train pour Barcelone évoque volontairement Before Sunrise, mais la comparaison joue contre le film: là où Linklater parvenait à capturer l’éphémère intensité d’un échange, Hallström s’en tient à un canevas trop balisé.

Le récit se construit sur l’opposition entre deux visions de l’existence: Heather, prisonnière de ses plans et de sa raison, face à Jack, partisan de la spontanéité et du lâcher-prise. Le duo fonctionne grâce à la chimie naturelle de Cline et Apa, dont les regards et les silences font parfois oublier la banalité des dialogues. Elle incarne une héroïne hésitante mais touchante, lui un compagnon mystérieux dont le charme reste discret. Ensemble, ils donnent un minimum d’authenticité à cette idylle qui, sur le papier, semble tout droit sortie d’une recette éprouvée.
Si l’on se laisse porter, c’est surtout par la mise en scène. Les paysages de l’Espagne, du Portugal et de l’Italie se déploient comme une brochure touristique: ruelles ensoleillées, monuments grandioses, plages baignées de lumière. Hallström, fort de son expérience dans le mélodrame hollywoodien (Chocolat, Dear John), sait comment rendre l’image séduisante. Mais cette esthétique léchée agit souvent comme un écran de fumée, masquant la légèreté d’un scénario qui enchaîne révélations attendues et faux débats philosophiques sur le temps présent, la mémoire ou l’avenir.

L’intrigue bascule à mi-parcours avec la révélation d’un drame intime, inscrit dès le départ comme une fatalité. Là encore, la mécanique du “weepie” se met en place avec application: séparation, larmes, retrouvailles. Si cette tournure ajoute un peu d’intensité émotionnelle, elle peine à surprendre tant elle est téléphonée. On aurait aimé que le film ose explorer plus profondément ses personnages, leurs dilemmes concrets ou leurs contradictions, au lieu de se contenter de ressorts dramatiques déjà vus.
Reste un divertissement honnête, parfois attachant, qui séduira les amateurs de romances sans heurt. La sincérité de ses comédiens sauve une écriture souvent plate, et l’élégance de sa mise en images fait oublier, l’espace d’une soirée, le manque d’originalité de l’ensemble. Mais à l’heure des bilans, The Map That Leads to You ressemble moins à une grande aventure sentimentale qu’à une escale agréable mais vite oubliée, comme ces photos de voyage qui s’empilent sans qu’on ait vraiment envie d’y revenir.

Si vous avez aimé : Call Me by Your Name (2017), Me Before You (2016), The Fault in Our Stars (2014), The Way (2010), L’Auberge espagnole (2002), Before Sunrise (1995), A Room with a View (1985), Love Story (1970)

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