Night Always Comes

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Une course nocturne étouffante, mais souvent décevante

Dans Night Always Comes, Vanessa Kirby incarne Lynette, une femme en proie à la désespérance, qui se bat pour sauver la maison familiale à Portland. En vingt-quatre heures intenses, elle tente de rassembler 25 000 dollars, confrontée à l’indifférence de sa mère et à la vulnérabilité de son frère handicapé. Le film s’ouvre sur une atmosphère sombre et oppressante, amplifiée par un montage de reportages sur la crise du logement américain, et promet un thriller social poignant. L’intention est louable: peindre les difficultés quotidiennes des classes populaires et explorer la rage silencieuse que suscite l’injustice économique.

Malheureusement, le scénario ne soutient pas toujours cette ambition. Adapté du roman de Willy Vlautin par Sarah Conradt, le récit accumule des péripéties de plus en plus invraisemblables: vols maladroits, cambriolages improvisés et rencontres improbables avec des figures du passé ou du milieu criminel local. La succession d’épisodes censés créer du suspense finit par fragiliser la crédibilité de l’ensemble. Certaines motivations, comme l’achat imprévu d’une voiture par la mère de Lynette, apparaissent forcées, tandis que les flashbacks sur un traumatisme adolescent manquent de subtilité et donnent l’impression que la profondeur du personnage repose uniquement sur l’adversité subie.

Vanessa Kirby demeure cependant le point fort incontestable du film. Son interprétation transmet la fatigue, l’anxiété et la détermination de Lynette avec intensité. Elle oscille habilement entre la nervosité constante et des éclats de colère ou de désespoir, rendant son personnage tangible et humain malgré les lacunes du scénario. La mise en scène de Benjamin Caron, déjà remarqué pour The Crown et Andor, exploite efficacement la nuit de Portland, offrant une esthétique nocturne qui rappelle les films des frères Safdie ou Good Time. Certaines séquences d’action, notamment lorsqu’elle navigue dans des environnements masculins dangereux, sont saisissantes et montrent le talent de Kirby pour mêler fragilité et force.

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Pourtant, la tension prometteuse s’essouffle au fur et à mesure que le film avance. Les enjeux dramatiques peinent à susciter l’émotion, et la multiplication des obstacles finit par créer un effet de saturation plutôt que de suspense. Le spectateur est témoin des efforts acharnés de Lynette, mais la construction narrative trop mécanique empêche de réellement s’immerger dans son combat. L’ensemble, malgré une atmosphère soignée et un rythme parfois haletant, reste à mi-chemin entre thriller social et étude de caractère, sans jamais pleinement convaincre dans l’une ou l’autre dimension.

En définitive, Night Always Comes est un film inégal: une protagoniste incarnée avec conviction par Vanessa Kirby, un cadre visuel travaillé et des moments de tension efficaces, mais un scénario qui s’embourbe dans des situations invraisemblables et des retournements forcés. Le potentiel est là, mais il reste partiellement inexploité. Une expérience regardable, qui intrigue par son sujet et sa mise en scène, mais laisse le spectateur sur sa faim, comme si l’aube n’arrivait jamais pour Lynette et ses espoirs.

Screenshot

Scénario
3/5

Acting
3.5/5

Image
3.5/5

Son
2.5/5

Note globale
62.5%

Dans Night Always Comes, Vanessa Kirby incarne une femme déterminée à sauver la maison familiale dans une nuit marquée par l’urgence et la vulnérabilité. Le film dépeint avec intensité la lutte contre l’injustice sociale, mais le scénario s’alourdit de péripéties improbables et de motivations forcées. Malgré une atmosphère nocturne réussie et des séquences saisissantes, la tension s’essouffle et l’immersion demeure partielle. L’interprétation de Kirby et la mise en scène soignée restent les atouts majeurs d’une œuvre inégale.

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