Beurk !

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Courts-métrages colorés, sentiments contrastés

Beurk !, composé de cinq courts-métrages d’animation, se présente comme une exploration de l’amour et des sentiments sous toutes leurs formes, destinée aux enfants dès six ans. Sur le papier, l’idée est séduisante: mélanger humour, pédagogie et univers visuel varié pour aborder des thèmes délicats comme l’amitié, le coup de foudre ou la découverte de l’homosexualité dans la nature. Malheureusement, malgré quelques réussites, l’ensemble peine à convaincre pleinement.

Le premier court, L’Imbecqué de Hugo Glavier, met en scène un œuf bleu solitaire, incapable de communiquer avec les autres poussins jaunes. Le récit, mignon et teinté de poésie, montre la difficulté de se faire accepter lorsqu’on est différent. L’animation minimaliste est charmante et offre un petit plaisir visuel.

Suit Dans la nature de Marcel Barelli, un film plus didactique que narratif, qui explore l’hétérosexualité et l’homosexualité chez les animaux. Si l’intention pédagogique est louable, le rendu visuel reste très simpliste et la narration, trop scolaire, perd rapidement l’attention du spectateur.

Cowboy Kevin d’Anna Lund Konnerup se distingue par son utilisation de la stop motion et de matériaux variés. L’histoire d’un cowboy et de son cheval à la recherche d’un message d’amour est agréable à suivre, même si le rythme est un peu lent.

En revanche, Le Grand Saut de Martina Doll et ses co-réalisateurs déçoit par son esthétique 3D inégale et un scénario moins subtil. La jeune héroïne, passant d’une relation fraternelle à un coup de foudre instantané pour un garçon aux dreadlocks, propose des situations qui paraissent forcées et maladroites, malgré un effort pour inverser les codes de genre et créer un univers onirique.

Le court éponyme, Beurk ! de Loïc Espuche, ferme la marche avec un groupe d’enfants observant des adultes et leurs baisers fluorescents. L’humour enfantin fonctionne par moments, mais le récit s’étire et certaines scènes perdent en fluidité. Le graphisme, fait d’aplats colorés et de traits variables, se rattrape partiellement grâce à des scènes nocturnes et de plage réussies. Les enfants sont représentés de manière attachante et adoptent parfois un langage contemporain (Wesh, Ouf), ce qui aura tendance à augmenter la valeur éducative du programme.

Globalement, si l’intention de Beurk ! est louable, son exécution reste inégale. Les courts-métrages varient trop en style, en rythme et en ton, ce qui peut perturber la cohérence du visionnage. Certaines histoires sont trop simples ou maladroites pour vraiment captiver, tandis que d’autres, plus poétiques, ne suffisent pas à rehausser l’ensemble. Les adultes assisteront à un programme coloré et occasionnellement amusant, mais auront du mal à pleinement s’y engager.

En conclusion, Beurk ! est un recueil sympathique pour un jeune public, avec quelques idées originales et des efforts notables en matière d’animation et de diversité thématique. Cependant, les incohérences esthétiques et narratives, ainsi que certains choix maladroits de rythme, font que le film reste moyen et peine à séduire au-delà de la première curiosité. Une expérience divertissante mais qui manque de constance pour être réellement recommandée.

Scénario
3/5

Acting
3/5

Image
3.5/5

Son
3.5/5

Note globale
65%

Beurk ! réunit cinq courts-métrages d’animation destinés aux enfants, explorant l’amour et l’amitié avec humour et pédagogie. Si certains segments se distinguent par leur poésie ou leur créativité visuelle, l’ensemble souffre d’inégalités dans le rythme, le style et la narration. Les intentions éducatives sont présentes, mais certains choix maladroits et des histoires simplistes limitent l’impact global. Malgré quelques scènes réussies et un univers coloré, le programme reste divertissant sans convaincre pleinement.

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