How to Train Your Dragon
Vu
21 juillet 2025 – À domicile
Année
2025
Réalisation
Dean DeBlois
Production
DreamWorks Animation
Casting
M.Thames, N.Parker, G.Butler, N.Frost
La servilité plutôt que l’audace
Remettre le pied sur l’île de Berk aurait pu être une aventure exaltante. Quinze ans après son premier envol, How to Train Your Dragon revient sur les écrans dans une version live-action qui promettait de raviver la magie. Malheureusement, l’exercice tourne à vide: fidèle jusqu’à la servilité, ce remake peine à justifier son existence autrement que par une logique commerciale et nostalgique.
Le réalisateur Dean DeBlois, déjà aux commandes de l’original, reprend les rênes avec un respect quasi religieux pour la structure, les dialogues et les temps forts de la version animée. On retrouve donc Harold, adolescent maladroit élevé dans une société viking où les dragons sont traqués, et Krokmou, cette créature mythique aussi féroce qu’attachante. Le récit d’apprivoisement, d’amitié et de désobéissance au modèle guerrier fonctionne toujours sur le papier mais la transposition en prises de vue réelles dégonfle une bonne part de la poésie et de l’ampleur du matériau d’origine.

Là où l’animation exploitait une expressivité et une fluidité visuelle saisissantes — éclairée à l’époque par le regard de Roger Deakins —, l’image de synthèse peine ici à convaincre. Les dragons, modélisés sans grande inventivité, semblent souvent plaqués sur des décors numériques peu inspirés. Certaines scènes d’action, notamment l’assaut d’ouverture ou la fameuse séquence de vol, manquent cruellement de lisibilité et de souffle. L’ivresse des airs, autrefois palpable, laisse place à une mécanique sans vertige.
Le casting humain ne parvient pas non plus à insuffler l’élan nécessaire. Mason Thames compose un Harold plus revêche que touchant et Nico Parker reste trop en retenue pour incarner pleinement son personnage d’Astrid. Seul Gerard Butler, dans le rôle de Stoick, parvient à tirer son épingle du jeu, grâce à une prestance burlesque qui fait le pont entre animation et incarnation.

Le film conserve toutefois quelques moments de grâce. Le regard blessé de Krokmou, la complicité silencieuse qui s’installe avec Harold, ou encore le sursaut d’émotion face à un ciel boréal traversé par les deux compagnons rappellent par éclairs ce qu’était la force originelle de la saga. Et si certains spectateurs découvriront cet univers pour la première fois, ils y verront sans doute un récit initiatique efficace, servi par un bestiaire attachant et une morale sur l’écoute de l’autre toujours bienvenue.
Mais pour qui connaît le premier film, ce remake n’offre ni lecture nouvelle ni mise à jour audacieuse. Là où l’animation osait la stylisation, cette version en chair et en os préfère l’illustration sage. Une œuvre qui, à force de respect, oublie d’oser — et se prive ainsi de son propre souffle.

Si vous avez aimé : The Sea Beast (2022), Dragons: Riders of Berk/Race to the Edge (2012), Brave (2012), Beowulf (2007), Eragon (2006), The Iron Giant (1999), E.T. the Extra-Terrestrial (1982)

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