Thunderbolts*

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Marvel cherche son âme (et ne la trouve toujours pas)

Depuis la fin d’Avengers: Endgame, l’univers cinématographique Marvel semble pris dans une longue descente confuse où le multivers parait aussi vaste que chaotique. Avec Thunderbolts*, Marvel tente une relance plus sobre, recentrée sur une équipe de figures secondaires. Le film prend le pari de l’introspection et de la gravité mais son exécution vacille entre bonnes intentions et résultats inégaux.

Florence Pugh, dans le rôle de Yelena Belova, s’impose d’emblée comme l’élément central du film. Sa prestation, à la fois douloureuse et ironique, insuffle une épaisseur bienvenue à un personnage rongé par la solitude. Dès les premières scènes, elle évoque une forme de lassitude existentielle, littéralement suspendue au bord du vide, avant de plonger dans l’action. Cette entrée en matière, stylisée et mélancolique, donne le ton d’un film qui veut conjuguer spectacle et sensibilité.

Le reste de l’équipe peine à suivre. Red Guardian (David Harbour), Ghost (Hannah John-Kamen), John Walker (Wyatt Russell) ou encore Bucky Barnes (Sebastian Stan) sont réunis autour d’une mission confuse, sous les ordres de Valentina Allegra de Fontaine (Julia Louis-Dreyfus), elle-même poursuivie pour ses dérives éthiques. Le groupe, aussi bancal que volontaire, découvre qu’il a été manipulé et se rebelle. Ce scénario classique du retournement contre l’autorité aurait pu fonctionner s’il ne s’enlisait pas dans un enchaînement convenu de scènes déjà vues.

Là où Thunderbolts* aurait pu trouver un second souffle, c’est dans son ambition de traiter du traumatisme et de la rédemption. Les personnages sont brisés, c’est un fait, et le film veut le faire sentir. Mais plutôt que de creuser cette faille, il se contente souvent d’en afficher les symptômes: quelques lignes de dialogue sur la souffrance, des regards perdus et un affrontement final dans des décors mentaux symboliques aux allures de métaphores sur-signifiantes. Ce qui aurait pu être une fresque émotionnelle devient une suite de poses dramatiques sans réelle substance.

Ghost (Hannah John-Kamen), Bob (Lewis Pullman), John Walker (Wyatt Russell), Alexei Shostakov/Red Guardian (David Harbour), Yelena Belova (Florence Pugh) and Bucky Barnes (Sebastian Stan)in Marvel Studios’ THUNDERBOLTS*. Photo by Chuck Zlotnick. © 2025 MARVEL.

La mise en scène reste propre, avec des séquences d’action parfois inspirées – notamment un clin d’œil évident à Oldboy ou une confrontation acrobatique réussie – mais sans éclat. Visuellement, le film tient la route sans surprendre et la direction artistique peine à imposer une identité forte. Quant à l’humour, il oscille entre sarcasmes fatigués et vannes recyclées, affaiblissant davantage la cohésion de l’ensemble.

Thunderbolts* laisse ainsi un goût amer: celui d’une tentative maladroite de renouvellement, coincée entre autofiction méta et mélodrame super-héroïque. Malgré quelques idées intéressantes et la performance indéniable de Pugh, le film peine à transcender son matériau. Il ne s’agit ni d’un désastre, ni d’un renouveau: simplement d’un énième chapitre bancal, qui reflète plus les hésitations du studio que la force de ses personnages.

Scénario
1/5

Acting
3/5

Image
2/5

Son
1/5

Note globale
35%

Marvel espérait un nouveau départ avec Thunderbolts* mais livre un récit hésitant où introspection et action peinent à s’équilibrer. Seule Florence Pugh émerge avec justesse dans un rôle empreint de mélancolie, tandis que le reste du groupe reste sous-exploité. Le film survole ses thématiques sans les approfondir, entre visuels convenables et émotion feinte. Une tentative de renouveau plus frustrante que convaincante.

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