The Ballad of Wallis Island
Vu
17 juin 2025 – À domicile
Année
2025
Réalisation
James Griffiths
Production
Universal Pictures
Casting
T.Key, T.Basden, C.Mulligan, S.Clifford, A.Ndifernyan
Sous les rafales, une relation à réaccorder
Sur une île imaginaire battue par les vents gallois, loin du tumulte du monde moderne, un fan excentrique organise le concert de ses rêves. Herb McGwyer, musicien folk sur le déclin, y accoste à contrecœur, convaincu de jouer pour un petit cercle d’admirateurs. Il découvre vite que le public se limite à un seul homme: Charles, multimillionnaire fantasque, qui vit reclus avec ses souvenirs et une foi inébranlable dans la musique de McGwyer & Mortimer, duo dissous depuis longtemps.
Tout dans The Ballad of Wallis Island respire l’étrangeté attachante: les décors pittoresques, les silences baignés de mélancolie, les dialogues aux accents absurdes. À première vue, ce pourrait être une comédie loufoque sur le fanatisme musical mais le réalisateur James Griffiths y insuffle une grâce inattendue, portée par une écriture fine et une sensibilité à fleur de peau. Le film, adapté d’un court métrage, se déploie avec modestie sans jamais trahir ses origines: les paysages sont magnifiés, les intérieurs décrépis ont une âme et l’ensemble bénéficie d’une attention sincère à la fragilité des êtres.

La dynamique entre les deux personnages principaux donne au film son charme principal. Tim Key incarne Charles avec un mélange d’ingénuité et de tristesse larvée. Chaque blague tirée par les cheveux, chaque malentendu burlesque trahit une solitude profonde, que seule la musique semble pouvoir apaiser. Tom Basden, dans le rôle d’Herb, campe un artiste désabusé, replié sur ses échecs, mal à l’aise dans une époque où il peine à exister sans Nell, sa partenaire d’antan — musicalement et sentimentalement. Leurs retrouvailles improvisées, sur fond de chansons réenchantées, réactivent des blessures anciennes aussi bien que des complicités enfouies.
Carey Mulligan, sobre et lumineuse, complète ce trio avec justesse. Son personnage, désormais mariée, revient chanter quelques morceaux à contrecœur, sans chercher à raviver quoi que ce soit. Et c’est précisément dans cette ambivalence que le film trouve sa tonalité: une note suspendue entre nostalgie, résignation et tendresse. La romance esquissée entre Charles et l’épicière locale, incarnée avec une malice discrète par Sian Clifford, ajoute une touche de douceur, sans jamais surjouer l’espoir.

Mais si le film charme, il peine aussi à tenir la distance. Centré trop souvent sur Herb, figure un peu terne, il s’essouffle lorsqu’il s’éloigne du regard émerveillé — et parfois maladroit — de Charles. Certaines situations frôlent la caricature sans oser s’y plonger totalement et le rythme s’alourdit lorsque l’émotion prend le pas sur l’humour.
The Ballad of Wallis Island n’est ni une satire mordante ni une romance déchirante. C’est un entre-deux, attachant mais inégal, porté par une bienveillance sincère envers ses personnages et par quelques moments suspendus d’une délicate poésie. Une douce ballade, parfois trop douce, mais jamais désaccordée.

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