We Were Liars
Episodes vus
8/8
Année
2025
Réalisation
Nzingha Stewart, Julie Plec, Tara Miele, So Yong Kim, Erica Dunton
Production
Amazon Prime
Casting
E.A.Lind, S.Maheshwari, E.McGregor, J.Zada, C.FitzGerald, M.Gummer, C.King, D.Morse
Une série qui se noie dans ses métaphores
Tout commence comme dans un rêve: une île privée baignée de soleil, une famille élitiste, une romance naissante. Mais derrière les apparences dorées, We Were Liars tente de faire surgir les ombres du passé. Adaptée du roman culte de E. Lockhart, cette mini-série Amazon se veut un drame adolescent à tiroirs, entremêlant amnésie, traumatismes et contes de fées. Malheureusement, cette belle façade se fissure rapidement, laissant apparaître un patchwork maladroit, entre romance tiède, mystère sans ampleur et critique sociale sans consistance.
Le cœur de l’histoire repose sur Cadence Sinclair, adolescente privilégiée en quête de mémoire après un accident aux contours volontairement flous. De retour sur l’île familiale un an plus tard, elle tente de reconstituer les fragments d’un été décisif, celui de ses 16 ans, entourée de ses cousins Johnny et Mirren, et de Gat, l’ami de toujours devenu son premier amour. Ce puzzle narratif, ponctué de flashbacks et de voix off lyriques, mise sur un effet de révélation finale pour justifier ses détours. Mais au lieu d’enrichir la tension, cette construction en spirale rend le récit répétitif et distendu.

Le retournement scénaristique qui surgit en toute fin de série est certes audacieux. Il déstabilise, surprend, bouscule les certitudes. Mais il ne parvient pas à compenser l’absence d’émotion réelle qui précède. Car si les révélations sont fortes sur le papier, elles ne s’appuient pas sur des relations suffisamment creusées ou convaincantes pour provoquer l’adhésion. La romance centrale, malgré une mise en scène appliquée, manque cruellement de chimie ; les dialogues sonnent souvent creux et les personnages secondaires peinent à sortir des archétypes.
La série tente parfois de frôler le commentaire social, notamment à travers le personnage de Gat, figure extérieure dans un microcosme de privilèges blancs. Mais ces tentatives restent superficielles, comme ajoutées après coup, sans cohérence thématique. Les dénonciations du racisme ou de l’hypocrisie familiale sont expédiées en quelques répliques ou pensées hors champ, noyées sous des métaphores filées et des envolées pseudo-poétiques. Quant à la critique des riches dynasties américaines, elle reste timide, déjà vue et sans le mordant d’œuvres plus lucides.

Reste une ambiance. Des couchers de soleil sur la côte Est, des villas d’un autre monde, une bande-son calibrée et quelques fulgurances de mise en scène. Mais cette enveloppe léchée ne suffit pas à masquer le manque de substance. La série donne souvent l’impression de survoler son propre sujet, hésitant entre le conte initiatique et le soap estival.
We Were Liars aurait pu être un drame adolescent marquant, à la croisée du thriller et de la fable moderne. Mais en voulant tout dire — sur la mémoire, la culpabilité, l’amour et les privilèges — sans vraiment approfondir, elle finit par ne rien raconter de très neuf. Derrière l’emballage séduisant, pas grand-chose à retenir.
Si vous avez aimé : Knokke Off (2023), Big Little Lies (2017), Revenge (2011), Pretty Little Liars (2010), The Virgin Suicides (1999), Heavenly Creatures (1994)

Laisser un commentaire