Ballerina

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Chorégraphie confuse pour tueuse sans relief

Un pas de côté dans l’univers de John Wick. Voilà ce que promet Ballerina, spin-off centré sur Eve Macarro, jeune tueuse formée au sein de la redoutable Ruska Roma. Mais malgré quelques éclairs d’élégance et un dernier acte plus nerveux, cette chorégraphie de violence échoue à rivaliser avec la puissance visuelle et la singularité chorégraphique de ses prédécesseurs.

Eve, interprétée par Ana de Armas, est d’abord une silhouette en devenir: recueillie enfant après l’assassinat de son père, elle grandit dans l’ombre des rites et pistolets de la Ruska Roma. Sa quête de vengeance – traquer l’homme responsable de la mort de son père – n’innove guère mais fournit une trame suffisante pour dérouler une série de scènes d’action dans des décors aux lumières néon familières. C’est bien dans la forme, plus que dans le fond, que le film tente de s’inscrire dans la lignée wickienne.

Car Ballerina adopte tous les attributs de la franchise: code d’honneur, société secrète, lieux somptueux et pulsations techno, mais peine à insuffler à cet univers la respiration et la précision qui faisaient battre le cœur des films de Chad Stahelski. Len Wiseman, à la réalisation, oscille entre hommage et imitation maladroite. Les premières séquences souffrent d’un montage trop haché, d’un recours excessif aux mouvements de caméra frénétiques et d’une chorégraphie peu lisible. L’influence de Stahelski, présent à la supervision de certaines scènes, se fait sentir plus tardivement, dans une poignée de combats enfin lisibles, inventifs, parfois spectaculaires — notamment une scène dans un restaurant enneigé, sommet tardif d’un film qui aurait gagné à démarrer ainsi.

Le personnage d’Eve, pourtant, possédait un réel potentiel: vulnérable, fine lame plutôt que masse brutale, elle aurait pu proposer une variation sensible et stylisée de l’assassin solitaire. Mais le film, tout en soulignant cette différence, ne la traduit jamais vraiment dans l’action. « Se battre comme une fille » devient un slogan creux, vite éclipsé par des séquences interchangeables où coups de feu et coups de pied se succèdent sans tension ni poésie. Même Ana de Armas, investie physiquement, peine à transcender un rôle plus fonctionnel que véritablement incarné.

Quelques visages familiers viennent ponctuer l’histoire – Ian McShane, Anjelica Huston, Lance Reddick, Keanu Reeves – mais leurs présences relèvent plus du clin d’œil que d’un réel enrichissement narratif. Les nouveaux venus, comme Norman Reedus ou Gabriel Byrne, sont sous-exploités, tandis que les dialogues surjouent la gravité sans jamais atteindre la mythologie minimaliste des Wick originaux.

Reste une dernière partie plus fluide, plus drôle parfois, où le film semble s’amuser de ses propres excès et ose quelques audaces visuelles. Mais il est trop tard pour faire oublier l’impression d’un produit dérivé, soigné mais convenu, qui préfère l’imitation à l’invention. Ballerina danse dans les pas d’un géant, sans parvenir à trouver son propre rythme. Le résultat est élégant par instants mais trop souvent mécanique. Une pirouette inaboutie.

Scénario
2/5

Acting
3/5

Image
3/5

Son
2/5

Note globale
50%

Sans jamais atteindre la grâce ni la rigueur de la saga John Wick, Ballerina tente une variation féminine et stylisée, portée par Ana de Armas. Malgré quelques fulgurances visuelles et un dernier acte plus efficace, le film peine à affirmer une véritable identité. Son intrigue convenue, son style trop souvent brouillon et sa mise en scène inégale le cantonnent au rang de spin-off soigné mais dispensable.

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