Mobland

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Élégance feutrée pour drame mafieux

Il y a dans MobLand cette assurance tranquille des récits bien rodés, une manière élégante d’assumer ses archétypes pour mieux en révéler les failles. Nouvelle série policière britannique orchestrée par Ronan Bennett, réalisée en partie par un Guy Ritchie étonnamment sobre, MobLand n’innove pas tant qu’elle affine. Le drame mafieux y devient une partition feutrée, lente mais magnétique, portée par des comédiens en état de grâce et une écriture à la fois acérée et mélancolique.

Au cœur du récit, Harry Da Souza, homme de main méthodique de la famille Harrigan, émerge comme une figure centrale et fascinante. Tom Hardy, dans l’un de ses rôles les plus précis, incarne ce « fixeur » avec une économie de mots remarquable. Tout passe par les regards, les silences et les modulations infimes de la voix. Sa présence seule suffit à désamorcer un conflit ou à faire trembler un rival. Chaque scène qu’il occupe devient une leçon de tension contenue.

Face à lui, Helen Mirren compose une matriarche implacable: Maeve, manipulatrice tapie dans l’ombre, qui orchestre les jeux de pouvoir bien plus efficacement que son époux officiel. Pierce Brosnan, justement, prête à Conrad Harrigan une fragilité inattendue, oscillant entre noblesse déchue et impulsivité dangereuse. Cette dynamique familiale – entre autorité vacillante, héritier incontrôlable et rivalité ancestrale avec le clan Stevenson – constitue la trame d’un conflit où les armes sont moins bruyantes que les rancunes.

Si le premier épisode s’ouvre sur un coup de couteau qui déclenche une guerre larvée, MobLand préfère explorer les répercussions morales de la violence plutôt que de la mettre en scène frontalement. Cela n’empêche pas quelques éclats d’humour noir – souvent glissés dans les répliques glaciales de Harry – ni une mise en scène brillante qui joue sur les contrastes sociaux: clubs feutrés, ruelles sombres et manoirs absurdes de richesses mal digérées.

La série souffre toutefois de légers déséquilibres: certaines intrigues secondaires semblent lancées puis abandonnées, et le dernier épisode, en cherchant un climax émotionnel, cède parfois au mélodrame. Quelques scènes, comme l’utilisation convenue de « Sympathy for the Devil », témoignent d’un manque de retenue ponctuel. Mais ce sont là des accrocs mineurs dans une œuvre plus souvent maîtrisée que confuse.

MobLand séduit avant tout par sa texture: une ambiance feutrée où les tragédies sont plus insinuées que criées, un ton grave sans être lourd et un casting de haut vol où chaque acteur trouve sa note juste. La série ne cherche pas à bouleverser le genre mais à y trouver une élégance oubliée. C’est dans cette sobriété assumée qu’elle convainc.

Sans révolutionner la fiction criminelle britannique, MobLand en offre une déclinaison raffinée, parfois cruelle, souvent captivante. Une première saison prometteuse, à condition que les saisons suivantes osent approfondir ce que cette ouverture ne fait qu’ébaucher.

Scénario
3.5/5

Acting
4/5

Image
4/5

Son
3.5/5

Note globale
75%

Avec une mise en scène discrète mais soignée, MobLand propose une relecture stylisée du drame mafieux, portée par des interprètes remarquables et une écriture nuancée. Tom Hardy excelle en homme de l’ombre impassible, face à une Helen Mirren redoutable et un Pierce Brosnan étonnamment vulnérable. Malgré quelques faiblesses narratives, la série séduit par son atmosphère feutrée et son élégance rare. Une variation sobre mais prometteuse du polar britannique.

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