On Swift Horses

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Entre désir et répression – Mélodrame d’un temps révolu

Réalisé par Daniel Minahan, On Swift Horses est un drame qui explore les désirs secrets et les tensions relationnelles dans l’Amérique des années 1950. Le film suit Muriel (Daisy Edgar-Jones), une jeune femme mariée à Lee (Will Poulter), et Julius (Jacob Elordi), le frère de Lee, dont les relations complexes et cachées reflètent les contraintes sociales de l’époque.

Muriel lutte avec son attirance pour les femmes, en particulier pour sa voisine Sandra (Sasha Calle), tandis que Julius entretient une liaison passionnée avec Henry (Diego Calva) à Las Vegas. Dans un contexte où l’homosexualité est taboue, ces personnages doivent vivre dans le secret, ce qui crée une atmosphère de tension et de peur.

Daisy Edgar-Jones offre une interprétation subtile, incarnant la fragilité et le désir refoulé de Muriel. Jacob Elordi, en Julius, apporte une présence charismatique, même si son jeu manque parfois de profondeur émotionnelle. Diego Calva dynamise le rôle de Henry avec son intensité, tandis que Will Poulter, dans le rôle de Lee, surprend par la complexité de son personnage, qui paraît au départ rigide mais révèle des failles cachées.

Le film est une adaptation du roman de Shannon Pufahl, scénarisée par Bryce Kass. Si l’histoire est riche, le film se perd parfois dans ses multiples intrigues: la vie de Muriel, les amours cachées de Julius et l’univers des casinos de Las Vegas. Cette multiplication des axes narratifs nuit à la fluidité et à la profondeur émotionnelle, rendant certains passages précipités, surtout vers la fin.

Visuellement, le film mise sur une esthétique discrète mais soignée. La photographie de Luc Montpellier évoque les mélodrames classiques des années 1950, avec une palette de couleurs sobres et une lumière tamisée, créant une ambiance nostalgique mais sans éclat majeur.

Le rythme lent et la rareté des confrontations directes entre Muriel et Julius affaiblissent la crédibilité de leur relation, qui reste assez floue. De plus, même si le film évoque la peur liée à l’homosexualité dans cette époque répressive, il n’explore pas suffisamment la dimension sociale et politique de ce tabou, ce qui limite la portée dramatique.

On Swift Horses est une œuvre qui mise sur la suggestion plus que sur le spectaculaire. Il offre une plongée intime dans des personnages enfermés dans leurs non-dits mais son potentiel est freiné par un scénario parfois trop éclaté et un manque d’intensité dramatique. Le film séduira les amateurs de mélodrame à l’ancienne mais pourra laisser certains spectateurs sur leur faim, faute d’un traitement plus approfondi des enjeux et des émotions.

En résumé, On Swift Horses est un film délicat, porté par un casting solide, qui évoque avec pudeur les luttes intérieures de ses personnages. Pourtant, son ambition narrative trop large et son rythme trop lent limitent son impact, faisant de lui un mélodrame charmant mais inégal.

Scénario
3/5

Acting
4/5

Image
3/5

Son
3/5

Note globale
65%

On Swift Horses explore les profondeurs émotionnelles et les secrets enfouis de personnages aux liens complexes, au cœur de l’Amérique des années 1950. Malgré une distribution convaincante et une esthétique soignée, le film pâtit d’un scénario éclaté et d’un rythme trop lent, qui atténuent la force émotionnelle de l’histoire. Ce drame discret séduira les amateurs de mélodrame classique mais manque d’une exploration plus profonde des tensions sociales qu’il aborde.

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