Another Simple Favor

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Capri, c’est surcoté !

Il arrive que certaines suites ne voient jamais le jour. Et parfois, on comprend pourquoi. Another Simple Favor, fausse bonne idée surgie six ans après un premier opus déjà bancal, s’impose comme l’exemple parfait de ce que le cinéma commercial peut produire de plus creux: un cocktail mal dosé d’intrigues recyclées, de glamour ostentatoire et de dialogues en roue libre. Le tout emballé comme un épisode de série de luxe, trop conscient de lui-même pour être sincèrement amusant.

L’intrigue — ou plutôt la suite d’événements incohérents qui en tient lieu — reprend les aventures de Stephanie Smothers (Anna Kendrick), de nouveau embarquée dans une enquête improbable, cette fois-ci à Capri, au mariage mafieux de son amie-ennemie Emily Nelson (Blake Lively). À partir de là, tout dérape: chantage, assassinats, révélations absurdes, enfants cachés, famille criminelle… L’effet domino aurait pu être réjouissant s’il n’était pas si laborieusement mis en scène. Là où A Simple Favor jouait la carte du thriller espiègle, cette suite trébuche sur ses ambitions et s’éparpille dans un chaos contrôlé par personne.

Le principal problème réside dans une écriture paresseuse, prisonnière du passé: près de la moitié du film s’enlise dans des rappels incessants au précédent opus, comme si le public s’en souvenait — ou s’en souciait — dans le moindre détail. Le scénario semble incapable d’exister par lui-même et refuse obstinément d’offrir une nouvelle affaire consistante à son héroïne. Au lieu de cela, il préfère empiler les caméos, les détours narratifs vains et les clins d’œil creux, quitte à sacrifier toute tension dramatique.

Certes, Paul Feig mise sur l’exubérance visuelle: villas italiennes, garde-robe flamboyante, décors léchés. Blake Lively y parade en veuve sicilienne, Anna Kendrick minaude entre deux gâteaux et Henry Golding erre, désabusé, comme une troisième roue inutile. Les seconds rôles — Allison Janney, Elizabeth Perkins, Alex Newell — apportent quelques étincelles de folie mais leur potentiel reste cruellement sous-exploité. Le film rêve d’être Knives Out, Killing Eve et The White Lotus en même temps. Il n’est jamais rien de tout cela.

La réalisation ne tranche pas: comédie noire ? satire ? parodie ? L’ambiguïté pourrait séduire, si elle n’était pas surtout le symptôme d’un projet sans cap. Les rebondissements s’enchaînent, mécaniques et sans malice, jusqu’à ce que l’on n’y croit plus du tout. Le charme dysfonctionnel entre les deux héroïnes ne suffit pas à masquer les failles béantes de cette suite hypertrophiée, qui confond accumulation avec intensité.

On en ressort essoré, à la fois étourdi par la surcharge visuelle et frustré par le vide narratif. Another Simple Favor aurait pu être un plaisir coupable mais c’est un plaisir absent. Un gâchis somptueusement habillé, aussi superficiel qu’oubliable.

Scénario
1/5

Acting
1.5/5

Image
1/5

Son
1.5/5

Note globale
25%

Suite inutile, Another Simple Favor s’enlise dans une intrigue confuse, minée par des références constantes au film précédent et un scénario sans consistance. Malgré un luxe ostentatoire et un casting prometteur, le film peine à trouver son ton, oscillant maladroitement entre parodie, thriller et comédie. Les rebondissements s’enchaînent sans logique ni tension, laissant un goût d’artifice creux. Une œuvre clinquante mais vide, où le style l’emporte tristement sur la substance.

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