Love Death + Robots S4
Episodes vus
10/10
Année
2025
Réalisation
D.Fincher, R.Bisi & A.Lyon, J.Y.Nelson, R.Valley, P.Osborne, T.Miller, D.Porral, E.Dean
Production
Netflix
Casting
E.O’Brien, J.Boyega, C.Parnell, R.Darby, MrBeast, M.Villaseñor, K.Hart, D.Stevens, J.Broadbent
Un laboratoire d’imaginaires, toujours plus audacieux
Naviguer dans Love Death + Robots revient à plonger dans un cabinet de curiosités numériques, où chaque épisode se déploie comme une nouvelle de science-fiction visuelle. La quatrième partie poursuit cette dynamique éclectique, oscillant entre dystopie, satire et poésie numérique. Moins marquant que son prédécesseur, il n’en demeure pas moins une anthologie inventive, révélatrice de l’état de l’imaginaire contemporain.
La saison s’ouvre sur une explosion de virtuosité technique avec Can’t Stop, un pastiche délirant de concert marionnettique du groupe Red Hot Chili Peppers. L’animation en images de synthèse et l’attention au détail y frôlent la démesure, rappelant que LD+R est aussi un terrain d’expérimentation technologique. Dans le même esprit ludique, Close Encounters of the Mini Kind prolonge le style isométrique et chaotique de Night of the Mini Dead (S3E4), cette fois au service d’une satire sur l’arrogance humaine face à l’inconnu.

Les tonalités sombres ne sont pas en reste. Spider Rose, adaptation d’une nouvelle de Bruce Sterling, se distingue par sa profondeur émotionnelle et sa mise en scène lyrique du deuil. À ses côtés, 400 Boys combine science-fiction et culture urbaine dans un hommage vibrant aux jeux vidéo et au cinéma de genre, servi par une animation 2D stylisée et une bande-son électrisante. La présence de John Boyega y agit comme clin d’œil méta, consolidant le lien entre fiction spéculative et héritage culturel.
Toujours plus audacieux dans les formats, la série ose le live action avec Golgotha, parabole absurde et poignante sur la foi, l’interprétation et le choc des civilisations. Rhys Darby incarne un prêtre confronté à une théologie extraterrestre, dans un récit oscillant entre farce et apocalypse. L’épisode illustre avec brio la manière dont LD+R transforme des concepts improbables en fables puissantes.

L’humour, souvent noir et corrosif, traverse plusieurs segments. The Other Large Thing et Smart Appliances, Stupid Owners détournent le quotidien pour en révéler l’absurdité technologique. Les objets prennent la parole et jugent les humains avec une ironie grinçante, tandis que le style pâte à modeler évoque Creature Comforts, ajoutant une touche burlesque bienvenue.
The Screaming of the Tyrannosaur pousse la satire scientifique dans un délire burlesque, où deux chercheurs rivaux manipulent le temps au point de provoquer l’effondrement de l’histoire humaine. Animation explosive, humour noir et absurdité temporelle s’entrelacent dans un court-métrage aussi grinçant que réjouissant.
Enfin, How Zeke Got Religion et For He Can Creep fusionnent mythologie, spiritualité et absurdité avec une audace visuelle et narrative rare. L’un évoque le combat entre l’homme et le mal à bord d’un bombardier de la Seconde Guerre mondiale, dans une esthétique proche de la BD européenne ; l’autre fait d’un chat le protecteur mystique d’un poète illuminé dans un asile du XVIIIe siècle. Ces deux récits, profondément ancrés dans une tradition symbolique, ajoutent une dimension spirituelle à la saison.

Si aucun épisode ne surpasse les chefs-d’œuvre du volume 3, ce quatrième opus se distingue par la diversité de ses propositions. Plus qu’une série, Love Death + Robots s’affirme comme un manifeste pour une animation adulte sans frontières, un terrain de jeu où l’expérimentation narrative et visuelle reste reine. Une œuvre inégale, mais toujours nécessaire, car là réside sa force: dans l’inattendu.
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