The Legend of Ochi

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Quand la magie ne prend pas…

The Legend of Ochi, premier long métrage d’Isaiah Saxon, s’inscrit dans une veine nostalgique clairement assumée, puisant à pleines mains dans les classiques des années 80 comme E.T., Gremlins ou The NeverEnding Story. L’histoire, celle d’une jeune fille introvertie qui sauve une créature mythique au cœur d’une nature sauvage, reprend les codes bien connus de l’aventure familiale: opposition parentale, lien interespèces, quête d’émancipation et exploration d’un monde inconnu. Rien de neuf sur le fond, mais une exécution visuelle qui force le respect.

Ce qui frappe d’emblée, c’est la richesse plastique du film. Saxon a fait le pari rare de mêler marionnettes, animatroniques, matte paintings et décors naturels, créant un univers tactile, sensoriel, parfois à la limite du pictural. La créature centrale, un ochi au pelage flamboyant, fait clairement écho à Grogu ou Gizmo: adorable, certes, mais conservant des instincts sauvages qui la préservent d’un excès d’anthropomorphisme. L’effet fonctionne, sans être totalement émouvant. Car si l’on admire les textures, la minutie et l’inventivité formelle, le cœur émotionnel du film demeure à distance. L’attachement entre Yuri et la créature, central dans l’intrigue, ne trouve jamais sa scène-clé, ce moment de grâce où l’on passe du joli au bouleversant.

Le décor – une île fictive de la mer Noire aux accents slaves – sert d’écrin idéal à cette fable naturaliste teintée de mélancolie. L’isolement du lieu, ses forêts brumeuses et ses traditions rurales ancrent le récit dans une temporalité suspendue. Pourtant, cette atmosphère soignée ne suffit pas à masquer un scénario balisé, dont les enjeux dramatiques, souvent énoncés plutôt que vécus, avancent sans surprise. Même les relations familiales, notamment entre Yuri et son père, manquent de profondeur, faute d’un vrai travail d’écriture ou de tension narrative.

C’est peut-être là que réside la principale faiblesse du film: dans son désir de recréer une magie passée, il oublie de la réinventer. En hommage sincère mais maladroit, Saxon cède parfois à une forme de fétichisme esthétique, qui cite plus qu’il ne réinvente. On pense à Where the Wild Things Are, auquel Ochi emprunte beaucoup, sans en retrouver la puissance poétique ni la mélancolie enfantine. D’autres y verront au contraire un contre-modèle bienvenu aux blockbusters tapageurs, préférant l’émerveillement discret à la grandiloquence émotionnelle.

En somme, The Legend of Ochi impressionne par sa beauté artisanale et sa cohérence formelle, mais échoue à transcender ses modèles. Un film d’aventure pour enfants plus respectueux que vibrant, plus habile que marquant, où l’on admire sans frissonner.

Scénario
1.5/5

Acting
3/5

Image
4/5

Son
3/5

Note globale
57.5%

Visuellement somptueux et porté par un savoir-faire artisanal rare, The Legend of Ochi charme par la richesse de son univers. Son hommage aux classiques des années 80 séduit davantage par l’esthétique que par l’émotion. Derrière la beauté des formes, le récit peine à émouvoir ou surprendre. Une aventure soignée mais convenue, plus contemplative que bouleversante.

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