The Handmaid’s Tale S6

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Résistance ou résignation ? Le crépuscule d’une servante

Avec sa sixième et dernière saison, The Handmaid’s Tale revient là où tout a commencé: une tension viscérale, des images composées avec soin, et un monde dystopique qui cherche à s’éteindre avec dignité. Mais la conclusion de la série oscille entre échos puissants du passé et essoufflement narratif. Si certains épisodes brillent encore d’un éclat indéniable, le souffle révolutionnaire des débuts semble s’être ralenti au fil du temps.

D’un point de vue esthétique, la série conserve sa maîtrise technique. L’éclairage, les décors, les costumes, la musique et la mise en scène portent encore cette marque de fabrique qui en a fait un objet visuel unique. Chaque plan est soigné, chaque silence est pesé. Les retrouvailles entre personnages, les clins d’œil aux premières saisons et l’arrivée de nouvelles figures comme le Commandant Wharton (incarné par Josh Charles) offrent à l’ensemble une fraîcheur inattendue. Certaines dynamiques, telles que celle entre June et Serena, gagnent en subtilité, tandis que d’autres, comme le duo Lawrence-Naomi, injectent humour et intensité.

Cependant, sous la surface polie, la lassitude se fait sentir. La narration, moins tendue, semble tourner en rond. Les conflits récurrents, la colère de June, les scènes chargées de symboles et les longues plages musicales dictant l’émotion provoquent une impression de déjà-vu. Ce qui relevait autrefois d’une mise en scène audacieuse devient parfois une mécanique pesante. La série semble hésiter entre continuité fidèle et renouvellement indispensable.

Heureusement, certaines performances rappellent la force émotionnelle originelle de The Handmaid’s Tale. Elisabeth Moss continue d’incarner June avec une intensité rare, donnant corps à une femme écartelée entre douleur et détermination. Madeline Brewer, Ann Dowd, Amanda Brugel ou encore Bradley Whitford se révèlent également dans des partitions souvent émouvantes. Le retour de Moira, les scènes entre Luke et June, ou encore l’évolution de Nick, enfin autorisé à exprimer une palette plus large d’émotions, offrent des moments de grâce suspendue.

Mais ces instants lumineux ne suffisent pas toujours à compenser l’usure thématique. Le message politique de la série conserve sa pertinence, surtout dans un contexte mondial toujours traversé par les violences faites aux femmes et les dérives autoritaires. Pourtant, le martèlement incessant de certaines métaphores et la lenteur des arcs narratifs menacent de diluer sa portée. La radicalité initiale s’efface parfois derrière une forme devenue trop familière.

La saison 6 se présente ainsi comme une ultime tentative d’honorer l’histoire commencée en 2017. Elle vacille entre hommage respectueux et ressassement mélancolique. Il reste encore deux épisodes pour conclure cette odyssée. Peut-être seront-ils ceux du sursaut, de l’audace retrouvée. Dans ce théâtre d’ombres et de lumière, où chaque regard compte, il est encore possible d’arracher à la dystopie une fin à la hauteur de ses promesses initiales.

Béni soit-Il!

Scénario
3/5

Acting
4.5/5

Image
4.5/5

Son
3/5

Note globale
75%

Dernière ligne droite pour The Handmaid’s Tale, dont la sixième saison oscille entre éclats d’antan et signes d’épuisement. Malgré une réalisation toujours soignée et des performances habitées, le récit perd en tension et en fraîcheur. Les thématiques fortes restent d’actualité, mais le traitement manque parfois de renouvellement. Un adieu en demi-teinte, tiraillé entre fidélité et répétition.

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