Devs

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Une série ambitieuse entre vertige technologique et froideur narrative

Avec Devs, Alex Garland signe une œuvre de science-fiction visuellement éblouissante et conceptuellement vertigineuse, mais au développement parfois inégal. Fidèle à son esthétique cinématographique, Garland transpose son univers dans une série en huit épisodes où se croisent paysages naturels hypnotiques, décors high-tech épurés et partitions sonores dérangeantes. Le laboratoire Devs, sanctuaire doré et silencieux d’une start-up de la Silicon Valley, sert de théâtre à une réflexion dense sur le déterminisme et le libre arbitre, portée par un superordinateur quantique capable de reconstituer le passé ou d’envisager tous les futurs possibles.

Devs raconte l’enquête de Lily (Sonoya Mizuno), une ingénieure en informatique confrontée à la mort suspecte de son compagnon Sergei après son intégration à la mystérieuse division Devs. Ce drame devient rapidement une quête existentielle aux confins de la science et de la conscience humaine, où chaque personnage semble piégé par des lignes de code ou de destin. Nick Offerman campe un chef d’entreprise endeuillé, figure sombre et ambiguë, tandis qu’Alison Pill incarne une physicienne quantique glaciale et fascinante. Si certaines performances se distinguent, le reste de la distribution peine parfois à habiter pleinement des personnages écrits davantage comme des vecteurs d’idées que comme des êtres humains à part entière.

La série souffre ainsi d’un déséquilibre entre la richesse de ses thèmes philosophiques et la finesse de son intrigue. Les dialogues manquent de chaleur et les arcs émotionnels secondaires apparaissent souvent accessoires. Le récit avance avec une lenteur assumée, mais qui fragilise l’investissement du spectateur au fil des huit heures. Pourtant, Devs reste une œuvre rare, qui ose aborder de front des questions complexes sur la technologie, la mémoire, le deuil et le sens même de la réalité. En cela, elle s’inscrit dans la lignée d’un certain cinéma intellectuel de genre, non sans rappeler Christopher Nolan, auquel Garland est souvent comparé.

Fascinante mais imparfaite, Devs impressionne par sa forme et sa volonté de penser autrement la série télévisée, tout en échouant à faire de son ambition une expérience pleinement immersive. À l’image des créateurs technologiques qu’elle met en scène, elle veut toucher à l’absolu, quitte à s’éloigner de l’humain.

Scénario
3.5/5

Acting
4/5

Image
4.5/5

Son
4.5/5

Note globale
82.5%

Devs est une série de science-fiction visuellement frappante qui plonge dans les thèmes du déterminisme et du libre arbitre à travers un superordinateur quantique. Malgré une direction artistique impressionnante et des performances solides, l’intrigue souffre de lenteur et de personnages souvent trop abstraits. L’œuvre se distingue par sa réflexion philosophique profonde, mais peine à offrir une immersion émotionnelle, malgré son ambition intellectuelle.

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