He Went That Way

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Un thriller en panne sur la route 66

Un road trip à travers les États-Unis, un tueur en série en cavale et un dresseur d’animaux accompagné de son chimpanzé. Tous les éléments d’un thriller captivant semblaient réunis pour faire de He Went That Way un film haletant. Pourtant, ce premier long-métrage de Jeffrey Darling, inspiré d’une histoire vraie et du livre Luke Karamazov de Conrad Hilberry, s’effondre sous le poids de ses ambitions mal maîtrisées. Ce qui aurait pu être un huis clos étouffant sur les routes du Midwest américain devient une succession de scènes décousues, où l’absurde mal dosé sabote le potentiel dramatique du récit.

L’intrigue prend place en 1964 et suit Jim, un dresseur d’animaux autrefois célèbre dont la carrière décline, et son chimpanzé Spanky. Sur la route 66, l’homme accepte d’embarquer Bobby, un jeune auto-stoppeur qui s’avère être un tueur en série impitoyable. Un jeu de manipulation psychologique s’installe alors entre les deux hommes, ponctué de menaces de mort et de révélations sur le passé trouble de Bobby. Malgré cette dynamique en apparence prometteuse, le film ne parvient jamais à créer une tension véritable. Le scénario, qui peine à donner de la profondeur à ses personnages, échoue à générer le suspense nécessaire à un thriller efficace.

Jacob Elordi, dans le rôle de Bobby, s’appuie sur une panoplie de tics empruntés à des figures iconiques du cinéma américain. À certains moments, son interprétation évoque le jeu torturé de James Dean, puis celui de Matt Dillon ou encore des réminiscences des performances de Heath Ledger et Joaquin Phoenix dans leurs rôles du Joker. Un jeu trop appuyé qui manque de nuances et empêche d’adhérer pleinement à la menace qu’il est censé incarner. Face à lui, Zachary Quinto campe un Jim effacé, dont le passé et les préoccupations professionnelles ne suscitent jamais un réel intérêt. Une tentative d’approfondissement du personnage à travers des conversations téléphoniques mystérieuses et des allusions à sa carrière en déclin tombe à plat, faute d’un traitement plus poussé.

Loin d’embrasser pleinement l’absurdité de son histoire, He Went That Way oscille maladroitement entre le drame psychologique et l’excentricité gratuite. Certains plans semblent insérés sans réelle justification, comme l’apparition sporadique d’un Amérindien solitaire ou celle d’un enfant en train de fumer, observant une scène de violence sans réagir. Ce mélange d’éléments étranges pourrait évoquer le cinéma des frères Coen, mais ici, il ne sert qu’à brouiller un récit déjà bancal. Une ouverture affichant le texte « Ceci est vraiment (en grande partie) arrivé » tente un clin d’œil à Fargo, sans en maîtriser la subtilité ni l’efficacité narrative.

Le film promettait une tension palpable et une étude de personnages fascinante, mais il se contente d’enchaîner des scènes où l’intrigue perd en intensité. La relation entre Bobby et Jim, censée évoluer au fil du voyage, reste superficielle et peu engageante. La promesse d’un sous-texte homoérotique n’est jamais exploitée, et le duo ne dégage ni alchimie, ni ambiguïté intrigante. Quant à Spanky, qui aurait pu être un élément insolite renforçant l’aspect surréaliste du récit, il est relégué au second plan, et son rôle dans l’histoire semble accessoire.

En fin de compte, He Went That Way se contente d’effleurer des idées sans jamais leur donner corps. Malgré un concept intrigant et une esthétique soignée, le film se perd dans des dialogues creux et des situations dépourvues d’impact. Une œuvre qui, au lieu d’exploiter le potentiel dramatique et psychologique de son intrigue, s’éparpille dans une mise en scène laborieuse et des performances inégales. Une déception pour un projet qui aurait pu marquer les esprits, mais qui s’évapore aussi vite qu’il est apparu.

Scénario
0.5/5

Acting
2/5

Image
1.5/5

Son
1/5

Note globale
25%

Inspiré d’un fait réel, He Went That Way aurait pu être un huis clos haletant sur les routes américaines, mais s’égare dans une mise en scène décousue et des choix narratifs maladroits. La relation entre un tueur en série et un dresseur d’animaux manque de profondeur, empêchant toute montée en tension. Malgré une esthétique travaillée, le film peine à trouver un ton cohérent, oscillant entre drame psychologique et excentricité gratuite, sans jamais donner corps à ses ambitions.

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