Companion

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Un thriller SF qui préfère le spectacle à la réflexion

Dans un futur proche où la technologie s’infiltre jusque dans les sphères les plus intimes, Companion explore les dérives d’un amour conçu sur mesure. Derrière un thriller de science-fiction soigné, le film de Drew Hancock effleure des thématiques fascinantes sans jamais véritablement leur donner corps. Une mise en scène élégante et un concept porteur ne suffisent pas à masquer les limites d’un récit qui, à force d’accumuler les clins d’œil aux classiques du genre, semble se perdre en route.

Dès les premières scènes, l’ambiance est posée: une villa isolée, un groupe d’amis réunis pour un week-end et une atmosphère où le malaise s’immisce progressivement. Iris (Sophie Thatcher) semble être la compagne idéale: belle, attentionnée, toujours disponible. Son petit ami Josh (Jack Quaid) l’emmène à cette retraite luxueuse en lui conseillant d’être charmante et souriante pour se faire accepter. Mais derrière son regard doux et ses gestes parfaits, quelque chose sonne faux. La révélation arrive vite, et avec elle une mécanique narrative bien huilée, mais convenue: Iris n’est pas humaine. Programmée pour l’adoration, façonnée pour répondre aux désirs de Josh, elle n’est qu’un produit, une machine douée de conscience.

Companion joue sur la tension entre l’humanité supposée d’Iris et sa nature artificielle, mais l’exploration de cette dualité reste en surface. Le film aurait pu proposer une réflexion aboutie sur l’exploitation émotionnelle et l’objectification, ou encore interroger l’évolution de nos rapports aux intelligences artificielles et la nature même du libre arbitre. Or, il préfère s’en tenir à une succession d’affrontements attendus et de retournements qui, s’ils assurent un certain dynamisme, manquent d’un véritable impact dramatique.

Le film s’inscrit dans une lignée de thrillers technologiques tentant de capturer les angoisses contemporaines liées à l’IA et à la déshumanisation des relations. Il évoque tour à tour The Stepford Wives, Black Mirror ou encore Get Out dans sa manière d’établir une critique sociale à travers le prisme du genre. Pourtant, là où ces œuvres parviennent à marier tension narrative et profondeur thématique, Companion peine à trouver son équilibre. Les scènes de violence stylisée et le rythme effréné prennent le pas sur une réflexion qui aurait mérité d’être creusée.

Si la mise en scène est maîtrisée et que le casting, porté par une Sophie Thatcher investie, insuffle une certaine intensité, le scénario s’égare dans des clichés qui affaiblissent l’impact de son concept initial. Jack Quaid, dans le rôle du petit ami toxique, campe avec efficacité un personnage dont l’apparente bienveillance cache un contrôle insidieux, mais son évolution demeure trop prévisible pour surprendre. Quant aux personnages secondaires, ils restent des silhouettes interchangeables, réduites à des archétypes.

Bien que divertissant, Companion s’apparente à une copie trop appliquée de ses prédécesseurs. Son esthétique soignée et son idée de départ prometteuse ne suffisent pas à masquer son manque de substance. Plutôt que d’interroger en profondeur la signification de l’amour programmé et des rapports de pouvoir qu’il implique, le film se contente d’une intrigue balisée et d’une critique superficielle. Un thriller efficace, mais un regard trop fuyant sur les questions qu’il tente d’aborder.

Scénario
1.5/5

Acting
3/5

Image
2/5

Son
1.5/5

Note globale
40%

Dans un futur où la technologie façonne les relations, Companion explore l’amour artificiel à travers un thriller soigné mais peu abouti. Si l’ambiance oppressante et la mise en scène élégante captivent, le film se limite à des affrontements convenus et des références appuyées à ses prédécesseurs. Malgré une interprétation solide, notamment de Sophie Thatcher, l’intrigue peine à approfondir ses thématiques, laissant une impression d’exercice de style plus que de véritable réflexion.

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