Babygirl
Vu
4 février 2025 – À domicile
Année
2024
Réalisation
Halina Reijn
Production
A24
Casting
N.Kidman, H.Dickinson, A.Banderas
Quand la provocation manque de subtilité !
Babygirl, réalisé par Halina Reijn, s’inscrit dans la lignée des thrillers érotiques contemporains en tentant d’explorer les méandres du désir féminin et des dynamiques de pouvoir. Porté par Nicole Kidman et Harris Dickinson, le film cherche à provoquer, à interroger, mais s’embourbe rapidement dans des intentions mal exécutées et un récit dépourvu de véritable intensité dramatique.
Le personnage de Romy Mathis (Kidman), PDG d’une entreprise de robotique prospère, semble incarner la femme accomplie: carrière brillante, famille idéale, confort matériel. Pourtant, derrière cette facade se dissimule un vide existentiel, alimenté par une frustration sexuelle que son mari (Antonio Banderas) ne parvient pas à combler. L’arrivée de Samuel (Dickinson), un jeune stagiaire au charme brut, bouleverse cet équilibre fragile. Débute alors une liaison interdite, présentée comme un terrain d’expérimentation du désir féminin, mais qui peine à transcender les poncifs du genre.

Malgré des prétentions affichées de subversion, Babygirl déroule une intrigue prévisible, où les enjeux dramatiques s’effritent sous le poids d’une narration linéaire et d’une absence de véritable tension. La relation entre Romy et Samuel, censée explorer la complexité du désir et du pouvoir, reste superficielle. Le personnage de Samuel demeure une énigme, dépourvu de toute profondeur psychologique, tandis que Romy n’est jamais pleinement développée au-delà de ses pulsions contradictoires. Les motivations des protagonistes, essentielles pour donner corps à une telle histoire, sont esquissées sans conviction.
Sur le plan esthétique, le film se distingue par une réalisation soignée, avec des choix visuels audacieux comme l’usage de la caméra à épaule qui confère une certaine proximité avec les personnages. Nicole Kidman livre une prestation solide, assumant avec audace un rôle qui aurait pu être plus nuancé si le scénario avait offert davantage de matière. Cependant, ces qualités formelles ne suffisent pas à compenser le vide d’un récit où les conséquences des actes semblent dénuées d’impact réel.

Babygirl prétend explorer la libération sexuelle féminine, mais finit par reproduire des schémas déjà vus, sans réelle réflexion sur la portée de son propos. Le film tente des clins d’œil à des classiques du genre tels que Basic Instinct ou Eyes Wide Shut, sans toutefois en saisir la subtilité ni la complexité. Au final, Babygirl laisse un goût d’inachevé, celui d’une œuvre qui ambitionne de choquer et de questionner, mais qui se contente d’effleurer son sujet sans jamais l’approfondir.
Si vous avez aimé : Sanctuary (2022), Newness (2017), Eyes Wide Shut (1999), Basic Instinct (1992), Fatal Attraction (1987), The Graduate (1967)

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