Gladiator II

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Une suite qui n’aurait jamais dû voir le jour…

Après le décevant Napoléon, Ridley Scott tente de raviver ses heures de gloire en ressuscitant l’univers de Gladiator. Si Gladiator II présente quelques moments forts, il reste bien éloigné de la grandeur épique de son prédécesseur.

Près de 24 ans après le premier opus, considéré comme l’une des meilleures œuvres de Ridley Scott, cette suite était attendue au tournant. Malheureusement, Gladiator II peine à tenir la promesse d’un retour en force.

L’histoire suit Lucius (Paul Mescal), fils de Lucilla (Connie Nielsen) et Maximus (Russell Crowe), plus de vingt ans après les événements du premier film. Réfugié en Numidie avec sa femme, il voit sa ville attaquée par les troupes romaines menées par Marcus Acacius (Pedro Pascal). Lorsque sa femme est tuée et qu’il est fait esclave, Lucius décide de consacrer sa vie à la vengeance.

Cette intrigue, proche d’un copier-coller de celle de Gladiator, manque de profondeur émotionnelle. La relation forcée entre Lucius et Maximus, présentée comme un lien père-fils, n’est ni justifiée ni convaincante. Le dernier plan, qui reprend littéralement une image iconique de Gladiator, illustre ce problème: il suscite davantage l’amusement que l’émotion. Ce choix maladroit confère par moments au film des allures de parodie involontaire.

Côté production, les libertés historiques habituelles de Ridley Scott sont cette fois poussées à l’extrême. Si le Colisée inondé pour des batailles navales était plausible, l’ajout de requins en images de synthèse frôle le ridicule. Pire encore, une scène impliquant des singes mutants, grotesquement réalisés en CGI, sort complètement le spectateur de l’univers. Ces choix exagérés, combinés à une surenchère de violence hollywoodienne, sapent la crédibilité de l’ensemble.

La distribution originale voit le retour de Connie Nielsen et Derek Jacobi, mais leurs apparitions sont anecdotiques. Nielsen, mal dirigée, délivre une performance décevante. Paul Mescal convainc par son jeu mais peine à s’imposer physiquement en tant que gladiateur. Pedro Pascal, également victime d’un personnage mal écrit, aurait mérité plus de profondeur. En revanche, Denzel Washington brille dans le rôle de Macrinus, un chef de gladiateurs manipulateur et fascinant. Chaque scène où il apparaît est magnétique, laissant entrevoir un potentiel narratif bien plus intéressant si le film avait choisi de se concentrer sur lui.

Malgré ses défauts, Gladiator II n’est pas ennuyeux. Ridley Scott reste un maître du divertissement visuel, offrant des scènes de combat spectaculaires et un rythme soutenu. Cependant, la recherche constante de surenchère finit par lasser et éloigne le film de la sobriété émotive qui faisait la force de Gladiator. La version 2024 fonctionne comme un film indépendant, mais échoue à s’inscrire dans la lignée du chef-d’œuvre de 2000. Ses références forcées au film original semblent artificielles et affaiblissent l’impact global.

En somme, Gladiator II est un divertissement visuellement intéressant mais narrativement bancal. En cherchant à se raccrocher à son prédécesseur, il en vient à trahir l’esprit de ce dernier, à l’exception notable d’une prestation magistrale de Denzel Washington. Une œuvre qui aurait pu briller davantage en évitant les comparaisons et en s’ancrant dans une histoire vraiment indépendante.

Scénario
1/5

Acting
3/5

Image
3/5

Son
2/5

Note globale
45%

Près de 24 ans après Gladiator, Ridley Scott propose une suite qui peine à égaler l’impact de l’original. Si les scènes de combat et la performance de Denzel Washington se démarquent, le film souffre d’une intrigue redondante, de personnages mal écrits, et de choix artistiques douteux. En tentant de s’appuyer sur l’héritage du premier opus, Gladiator II s’égare dans la surenchère et ne parvient pas à retrouver l’émotion et la grandeur de son prédécesseur.

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  1. Très rares les films qui ne provoquent pas d émotions, c est le cas de celui-ci, et ce manque se fait d autant plus ressentir que le 1er opus en était rempli, de l attachement à la haine des protagonistes en passant par la somptueuse musique. Ici, rien… La force d un film qui me touche vient de l empathie que le réalisateur crée en moi. Ici,…rien

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  2. […] les acteurs, Daniel Craig (Queer) et Denzel Washington (Gladiator II) faisaient figure de prétendants sérieux respectivement dans les catégories Meilleur acteur et […]

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