Juror #2
Vu
18 décembre 2024 – Churchill (Liège)
Année
2024
Réalisation
Clint Eastwood
Production
Warner Bros. Pictures
Casting
N.Hoult, Z.Deutch, T.Collette, G.Basso
Une fin médiocre pour une carrière légendaire
Avec Juror #2, Clint Eastwood livre un drame judiciaire qui porte sa marque, mais pèche par un excès de moralisation. À 94 ans, le réalisateur signe ici son 40ème film, démontrant qu’il reste animé par le désir de mettre en scène des récits complexes. Pourtant, malgré une intrigue prometteuse et un casting impressionnant, ce long-métrage s’enlise rapidement.
Le film débute sur les chapeaux de roues, introduisant Nicholas Hoult dans le rôle d’un juré découvrant qu’il pourrait être lié au meurtre sur lequel il est censé délibérer. Mais au lieu d’approfondir cette prémisse intrigante, Eastwood choisit de survoler l’affaire de meurtre au cœur du récit. Pas de prologue captivant, juste des flashbacks fragmentés et des montages expéditifs pour les plaidoiries des avocats (interprétés par Toni Collette et Chris Messina). La première moitié du film s’enchaîne à un rythme effréné, avant de ralentir brusquement pour s’embourber dans une longue réflexion sur la culpabilité et le repentir.

Malgré une direction technique solide et des acteurs (sous-utilisés) comme J.K. Simmons et Kiefer Sutherland, le film manque de substance. Le procès, censé être le centre névralgique de l’histoire, rappelle davantage un épisode moyen de Law & Order qu’un thriller captivant. Les incohérences scénaristiques, comme une révélation clé trouvée via une simple recherche Google ou un personnage alcoolique qui commande un verre juste pour le contempler, affaiblissent encore l’impact de l’intrigue.
Ce qui gêne surtout, c’est cette volonté insistante d’offrir une leçon de morale. Eastwood, maître des films hollywoodiens classiques, a rarement été l’homme des œuvres définitives, hormis peut-être Unforgiven. Ses films, souvent rythmés et efficaces, n’ont pas toujours cherché la profondeur absolue. Mais à ce stade de sa carrière, on aurait pu espérer une exploration plus fondamentale des thèmes abordés.
Juror #2 ressemble plus à l’œuvre d’un vétéran du cinéma qui s’accroche à son style qu’à une fresque mémorable sur la justice. Certes, Eastwood reste un réalisateur technique et passionné, mais son dernier opus, malgré ses ambitions, échoue à marquer les esprits.
Si vous avez aimé : The Judge (2014), The Lincoln Lawyer (2011), Primal Fear (1996), Presumed Innocent (1990), 12 Angry Men (1957), Witness for the Prosecution (1957)

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