Here

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La vie, c’est comme une boîte de regrets

Le film Here marque une réunion nostalgique entre Tom Hanks, Robin Wright et le réalisateur Robert Zemeckis, trois figures iconiques du classique Forrest Gump. Basé sur le roman graphique expérimental de Richard McGuire, le film raconte l’histoire d’un lieu fixe, un coin de salon, à travers des siècles d’événements et de vies. Malgré son ambition technique et narrative, Here peine à atteindre l’excellence de ses intentions.

Zemeckis, qui a marqué Hollywood avec d’autres œuvres comme Retour vers le futur et Cast Away, a vu sa carrière vaciller ces dernières décennies. Son dernier succès remonte à 2004 avec The Polar Express. Depuis, tous ses films sont tombés dans l’oubli. Qui se souvient de Welcome to Marwen ou The Witches of Flight? Son dernier remake de Pinocchio par Disney a même marqué un véritable creux dans sa carrière. Pourtant, Here prouve qu’il a encore des idées audacieuses. Le défi de transposer le roman graphique au cinéma, sans scénario traditionnel, est relevé avec ingéniosité par le scénariste Eric Roth mais le résultat, bien que captivant par moments, reste déséquilibré.

Le récit alterne entre des épisodes de la vie d’un couple, Richard (Hanks) et Margaret (Wright), suivis de leur adolescence à leurs 80 ans, et des vignettes explorant les autres occupants de la maison à travers le temps. On y croise des familles de différentes époques, une vue du lieu à l’époque préhistorique, et même des scènes se déroulant lors de la pandémie de COVID-19. Ce kaléidoscope temporel souligne une belle idée: des vies ordinaires peuvent cacher des moments extraordinaires.

Malheureusement, le film s’égare en insistant sur l’extraordinaire du lieu, en introduisant des éléments historiques artificiels comme un artefact colonial ou une invention célèbre associée à la maison. Ces ajouts, bien que spectaculaires, diluent le propos central. À l’inverse, certains personnages et récits, notamment ceux des populations indigènes ou des occupants noirs de 2020, semblent traités de manière superficielle, ce qui laisse une impression d’inachevé.

Visuellement, Here est une prouesse. Zemeckis expérimente avec des transitions audacieuses, juxtaposant différentes époques à l’écran via des cadres encastrés, qui offrent un effet presque magique. Ces techniques montrent un réalisateur toujours avide d’innovation, même si elles ne suffisent pas à compenser une narration parfois lourde et hachée.

La performance des acteurs est un point fort. Hanks et Wright affichent une alchimie intacte depuis Forrest Gump, tandis que Paul Bettany impressionne dans un rôle subtil et nuancé. Cependant, l’utilisation controversée de rajeunissement numérique pour Hanks et Wright les plonge dans une « vallée de l’étrange », rendant certaines scènes troublantes. Bien que techniquement aboutis, ces effets accentuent la déconnexion entre les personnages et leur humanité.

Comme prévu, la conclusion de Here est plutôt douce et sentimentale. Certains la regarderont en levant les yeux au ciel, mais il est difficile de ne pas être ému, surtout lorsque la caméra bouge pour la première fois. Certes, la magnifique musique au piano du compositeur Alan Silvestri fait les trois quarts du travail, mais cela n’enlève rien à l’efficacité de la scène.

En fin de compte, Here est un projet audacieux mais imparfait. Bien qu’il ne parvienne pas à égaler les chefs-d’œuvre passés de Zemeckis, il offre une réflexion touchante sur le passage du temps et l’importance des lieux qui accueillent nos vies. Un film ambitieux qui, malgré ses maladresses, reste une expérience cinématographique intrigante.

Scénario
1.5/5

Acting
3.5/5

Image
3/5

Son
4/5

Note globale
60%

Here réunit Tom Hanks, Robin Wright et Robert Zemeckis dans une œuvre ambitieuse qui explore l’histoire d’un lieu à travers le temps, inspirée d’un roman graphique. Malgré des idées visuelles audacieuses et des performances convaincantes, le film souffre d’une narration inégale et d’ajouts historiques artificiels qui diluent son propos. L’œuvre reste néanmoins une réflexion émouvante sur le passage du temps, la mémoire des lieux et la beauté des instants ordinaires.

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  1. Absolument d’accord en tous points avec ton analyse 🙏 mais je traduirai tout ça par une note finale bien plus sévère : je partais très emballé, vraiment curieux, espérant un grand feel good movie… Mais Here a été pour moi une vraie déception.A aucun moment je n’ai réussi à m’attacher aux personnages ou à ressentir une forme d’empathie. Je me suis même ennuyé. Le rajeunissement numérique est tellement vilain, les reconstitutions aussi… Tout semble être en images de synthèse / plastique, et par conséquent tout semble faux, jusqu’au propos. J’ai trouvé le film creux, superficiel, incapable de proposer finalement quelque chose plus original que sa contrainte technique. Tellement de stéréotypes également dans la représentation des époques et de leurs mœurs (ce culte à peine déguisé du « c’était mieux avant »…🙄). Une bande son mielleuse et en décalage.De l’émotion vide, mainstream, cheap. Le sentiment que j’ai eu en sortant de la salle : un vrai film de boomer. Je suis sorti fâché, et je le suis toujours.

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