Cuckoo

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Un film qui fonctionne malgré ses éléments loufoques

Sous la bannière de studios novateurs tels qu’A24 et NEON, une nouvelle vague du cinéma d’horreur a vu le jour. Loin des excès sanglants et des simples sursauts, ces films privilégient désormais la création d’une atmosphère oppressante et d’une tension subtile, élevant ainsi le genre au-delà du statut de série B. Des œuvres comme Hereditary (2018) et The Witch (2015) se distinguent par leur habileté à tisser des thèmes profonds tels que le deuil et la culpabilité avec des visuels saisissants, dans un style résolument d’art et essai. Avec Cuckoo, Tilman Singer parvient à concilier le meilleur des deux univers en brisant les codes contemporains, tout en puisant dans l’héritage des classiques. Plutôt que de chercher le réalisme, il embrasse l’aspect surréaliste de l’horreur, où idées déroutantes, personnages décalés et récits invraisemblables se rencontrent.

Ce film raconte les mésaventures d’une famille de quatre personnes qui s’installe dans un chalet isolé au cœur des Alpes allemandes. Alors que des bruits mystérieux émanant de la forêt voisine commencent à provoquer des effets physiques étranges chez certains invités, Gretchen (Hunter Schafer) se retrouve plongée au cœur d’une enquête aussi inquiétante qu’absurde. Avec son atmosphère oppressante et son ensemble impeccable, Cuckoo se démarque comme une œuvre profondément singulière, malgré l’utilisation de certains motifs familiers.

Innover dans ce type de formule s’avère un défi, d’autant plus que nous avons déjà exploré ce genre de film sous tant de déclinaisons. Cuckoo tente d’atteindre beaucoup de choses, tant sur le plan narratif que visuel, offrant une expérience cinématographique qui ne saurait être qualifiée d’ennuyeuse. Pourtant, en poursuivant ces nombreuses ambitions, Singer devient aussi la victime de ses propres aspirations: à force de multiplier les détours, l’intrigue principale perd de sa vigueur, peinant à maintenir l’attention du spectateur jusqu’au dénouement. On a l’impression que le film s’égare en cours de route, sans réussir à concrétiser toutes les promesses de sa première moitié. C’est regrettable, car Tilman Singer ne manque certainement pas de talent.

En dépit de sa durée relativement brève d’une heure et demie, Cuckoo parvient à marier avec habileté une palette d’éléments classiques de l’horreur tout en conservant une fraicheur indéniable. Bien que l’incertitude demeure quant à sa sortie dans les cinémas belges, ce film, malgré ses imperfections, offre une véritable odyssée pour les amateurs du genre.

Hunter Schafer livre une performance incroyable

Cuckoo ne fonctionne pas toujours. Le film est parsemé d’aspérités et de métaphores évidentes sur les attentes archaïques et profondément ancrées autour du genre. Ce qui reste cependant indiscutable, c’est l’émergence de Hunter Schafer en tant que figure majeure du cinéma.

Ce qui frappe particulièrement, c’est la manière dont elle traverse les émotions dans des scènes domestiques apparemment banales. Elle accepte le rejet de son père – et sa préférence manifeste pour Alma, sa fille plus conforme aux stéréotypes féminins – avec une résignation presque fataliste, comme si c’était le fardeau qu’elle devait porter. Sa lassitude adolescente est imprégnée d’une humanité profonde et palpable, qui transparaît dans chacun de ses gestes, comme si son corps entier – ses bras, ses épaules, ses yeux – racontait silencieusement l’histoire.

Le fait qu’elle plonge dans des territoires émotionnels complexes, exigeant une vulnérabilité immense à l’écran, est la cerise sur le gâteau. C’est également ce qui empêche Cuckoo de dérailler totalement lorsque le film s’égare dans son propre récit absurde (qui n’atteint malheureusement jamais l’apothéose étrange qu’il semble promettre). Peu importe les horreurs les plus évidentes du film – que ce soit son ambiance glaciale ou ses tentatives d’obscénités morales et viscérales teintées d’humour – tout reste étroitement lié à l’épuisement physique et émotionnel grandissant de Schafer. Elle ne se contente pas de sauver le film. Elle est le film, et c’est précisément ce qui le rend si captivant à regarder.

Scénario
3/5

Acting
3.5/5

Image
3/5

Son
3/5

Note globale
62.5%

Une superbe Hunter Schafer est menacée par un Dan Stevens cinglé dans un film d’horreur stylisé et agréable mais incohérent.

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