The Bear
Episodes vus
28/28
Année
2022
Création
Christopher Storer
Production
FX
Casting
J.A.White, A.Edebiri, E.Moss-Bachrach
Le temps s’arrête !
Si vous deviez décrire The Bear en un mot, ce serait STRESS. La première saison était consacrée au stress lié à la nécessité de maintenir à flot l’entreprise que Carmy (Jeremy Allen White) a héritée de son frère. La deuxième saison, quant à elle, se focalisait sur le stress engendré par la transformation radicale du restaurant et l’urgence d’une réouverture à temps.
Les portes du restaurant The Bear s’ouvrent à nouveau pour une troisième saison. Au menu : le doute et le chaos, servis sur un lit d’ambition étouffante par une distribution exceptionnelle.
Dans cette saison, le créateur Christopher Storer baisse le son de la cuisinière et donne aux personnages beaucoup d’espace pour s’exprimer. Un style et un rythme différents, mais pas moins crus et captivants. Storer prend tout le temps nécessaire pour approfondir ces émotions et ces relations, sans pour autant se transformer en feuilleton. Les émotions sont parfois grandes, mais elles restent à taille humaine. Presque tous les personnages principaux sont mis en lumière et montrent une facette d’eux-mêmes qui n’avait pas été suffisamment exposée.

Cette troisième saison s’ouvre de manière époustouflante avec un épisode presque sans paroles, Tomorrow, qui montre où Carmy est allé avant de revenir à Chicago et de reprendre le restaurant de Mikey (Jon Bernthal). Cela confirme immédiatement ce que nous avions déjà ressenti précédemment: The Bear joue à un autre niveau. Tomorrow n’est pas le seul épisode qui pourrait facilement se classer parmi les meilleurs de toute la série. Vous vous êtes à peine remis de cette première demi-heure qu’éclate Next, un moment fort pour les fans du bruyant The Bear : une altercation à la suite d’une longue liste d’exigences absurdes que Carmy veut imposer au personnel. Napkins est un flashback touchant qui montre comment la sous-chef Tina (Liza Colón-Zayas) s’est retrouvée dans la cuisine de Carmy. Dans Ice Chips, Natalie (Abby Elliott) doit réparer la relation perturbée avec sa mère (Jamie Lee Curtis) dans la salle d’accouchement au rythme des battements de cœur de son fœtus. Le dénouement Forever apporte une touche de rédemption, enrichie par une série de rôles d’invités parmi les chefs célèbres. Carmy ose enfin affronter un démon qui le tourmente depuis des années, tandis que la chef Sydney (Ayo Edebiri) est confrontée à un dilemme entre croissance personnelle et loyauté familiale.
À travers cela, Storer tisse toute une série d’autres thèmes, comme son admiration pour l’industrie hôtelière (remarquez le début du deuxième épisode), le rôle de la collaboration dans la créativité et l’inspiration, l’importance du transfert de connaissances, ce que signifie exactement l’héritage, et comment un environnement de travail toxique se crée. Mais en fin de compte, ce sont les charmants personnages qui vous tiennent en haleine devant The Bear. Ou comme le dit l’actrice Olivia Colman, qui incarne le chef Terry, dans le dernier épisode : « Ce n’est pas le repas dont on se souvient quand on va au restaurant. Ce sont les gens qu’on y rencontre ».

The Bear a le courage d’inverser brutalement la température pendant toute une saison et de faire des choix obstinés en ce qui concerne la forme. D’un premier épisode incroyablement calme et presque méditatif, aux cris, jurons et secousses familiers filmés dans la cuisine, aux épisodes qui plongent profondément dans le passé d’un personnage spécifique, à un épisode qui commence dans le plus grand stress possible puis atterrit à un endroit et y reste, près de la peau des personnages.
L’épisode 8, Ice Chips, en est un parfait exemple. The Bear y prouve une fois de plus qu’il est brillant dans l’art de vous faire entrer dans une scène et de ne pas la lâcher. À tel point qu’on n’a plus envie de partir. Lorsqu’une conversation dans une chambre d’hôpital devient enfin authentique et sensible et se prolonge pendant des minutes, vous ne voulez pas partir. Peut-être parce qu’ils sont comme de vraies personnes. Des personnes imparfaites, en chair et en os, que l’on a appris à connaître de bout en bout grâce à la série et aux scénaristes, et qui pourtant ne cessent de nous surprendre.
Cette saison 3 ressemblait à un plat familier, bien que préparé avec expertise. Nous espérons surtout qu’elle n’était qu’une mise en bouche appétissante en prélude au festin que promet la quatrième saison.
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